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Attiré depuis toujours par la musique tango (les bals des années 60 à Grenoble résonnaient de cette musique que les italiens et espagnols, nombreux, jouaient et dansaient comme une mélopée identitaire), il fréquente les « Trottoirs de Buenos Aires », berceau aujourd'hui disparu du renouveau du tango en France, hante les festivals de tango, et photographie cette danse sensuelle sous toutes ses formes.
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Pierre-Jean Marcel apprend dès l'âge de 16 ans le métier de photographe chez un artisan qui l'initie aux techniques de prise de vue et de laboratoire. Après une année passée en Allemagne au service presse des armées, il rejoint le groupe des journaux « Progrès de Lyon-Dauphiné Libéré ». Cette période consacrée à la presse quotidienne lui permettra de couvrir les événements locaux et régionaux, tout en privilégiant la photographie de scène qu'il pratique régulièrement dans le cadre du journal, ainsi qu'à titre privé. Arrivé à Paris, il se consacre à l'édition professionnelle et à la publicité, tout en travaillant à de nombreuses recherches personnelles. Il a notamment réalisé un important travail en noir et blanc sur la lumière à New York.
Après avoir séjourné plusieurs semaines à Buenos Aires, Pierre-Jean Marcel en a rapporté une série d'images où le tango s'intègre comme un élément naturel des portègnes (habitants de Buenos Aires), entre mégalopole cosmopolite et refuge identitaire. Le contraste est fort. D'une part, l'agitation des grandes avenues de cette cité mi-américaine, mi- européenne (200 km², plus de 7 millions d'habitants avec le « Grand Buenos Aires »), ses nombreux parcs et monuments. D'autre part, les « milongas » lieux où l'on danse le tango, condensé de vie protégée, comme pour fuir un monde devenu « global » et anonyme. Les milongueros (1) cultivent avec arrogance un profil indolent et marginal. Le tango est pour eux l'occasion de se démarquer, d'être uniques : toutes les nuits, hommes et femmes dansent leur vie. La milonga est un théâtre, tout y est exagéré, les personnalités, les corps, les attitudes ; mais toutes les différences sont gommées (âge, catégorie sociale, aspect physique), c'est la magie du tango, son irrésistible pouvoir. Le regard déclenche la rencontre, puis l'abrazo (2) indique la qualité de l'abandon pendant la danse : mélange d'expérience, d'équilibre, de créativité, de sensibilité, de communication complice, de séduction retenue. Les textes de Fernanda Escurra, argentine vivant à Grenoble, accompagnent l'exposition. Pierre Jean Marcel travaille actuellement à un projet important sur la tauromachie. Une autre chorégraphie, un autre corps à corps, une énergie et une quête souvent similaires. L'artiste partage sa vie et son travail entre Paris et Grenoble. (1) ceux qui dansent le tango, habitués des milongas
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